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Lettre du président de la corporation des fêtes du 350e anniversaire de Contrecoeur destinée à Antoine Pécaudy, fondateur de Contrecoeur.

Cette lettre a été lue à l’occasion de la portion protocolaire de la Journée de l’histoire : Pécaudy débarque à Contrecoeur le 9 juin 2018.

Mon cher Antoine,

Vous permettez que je vous appelle Antoine? Sans vouloir vous offenser, vous savez les coutumes ont beaucoup changé au cours de ces 350 dernières années…

Aujourd’hui nous souhaitons que vous puissiez vous rappeler votre époque au début de la colonie, dans ce parc qui a appartenu à dame Cartier-Richard dernière seigneuresse de Contrecœur jusqu’en 1950.

Vous nous faites un immense honneur de participer à notre fête qui souligne votre arrivée en ces lieux en 1668. Bien sûr tous ceux qui sont ici vous sont inconnus, mais sachez que quelques-uns qui vivent actuellement sur vos terres sont des descendants directs de vos valeureux soldats ou de ceux de votre frère d’armes Pierre de St-Ours puisque le Contrecœur moderne s’étend sur une partie des terres du Sieur de St-Ours, celles en bordure de notre majestueux fleuve St-Laurent.

Ainsi de la compagnie de Contrecœur vivent encore ici les descendants de
Jacques Berté dit Champagne,
Pierre Favreau dit DesLauriers,
François Poignet dit Beauregard,
Pierre Tabault dit Léveillé

et de la Compagnie de St-Ours qui sont restés dans votre seigneurie,

Mathieu Banlier dit Laperle,
Nicolas Bonin dit St-Martin,
Louis Charbonnier dit St-Laurent,
Jean Duval,
Émery Arpin  dit LePoitevin,
Pierre Lancougnier dit Lacroix,
Pierre Ménard, dit St-Onge,
Jean Régeas dit Laprade et
Claude Roy dit Jolicoeur.

À bien y penser, il vous en a fallu du courage et de la détermination pour que vous décidiez de vous établir en cette Nouvelle-France. Il faut croire que la vie ne devait pas être facile dans la Mère patrie à cette époque pour préférer affronter nos hivers, défricher un territoire hostile et faire face à l’inconnu. Vous étiez un visionnaire Sieur Pécaudy, contrairement à Voltaire qui près de 100 années plus tard, en 1758, dans son roman Candide disait, en parlant du conflit entre la France et l’Angleterre, « Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut. » (Voltaire, Candide 1758)

Mais regardez ce que vous avez engendré, admirez ce qu’est devenue votre seigneurie, voyez la fierté qui émane de ceux qui sont maintenant les gardiens de votre héritage. Par vos gestes et ceux de tous les soldats qui ont donné naissance à notre ville, vous avez inspiré notre devise : À cœur vaillant, tout est possible.

 

René Laprade, président du Conseil d’administration des fêtes du 350e anniversaire de Contrecoeur.

 

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